Soft skills - savoir être attentif
« Nous sommes dans une situation de conflit cognitif, l’équilibre a été rompu en faveur de l’alerte systématique »
Par Julien Nowaczyk · Dirigeant de LaCavO’ & manager de transition

Compétences d’aujourd’hui et de demain !
A force d’être dans l’hyper connexion, nous voila perdus dans les sollicitations innombrables que nous pouvons recevoir chaque instant. Quel que soit notre âge, notre activité, notre addiction aux nouvelles technologies, nous sommes de moins en moins concentrés ! Et c’est un problème.
Garder l’attention est une compétence à ne pas sous-estimer et les grands capitaines de l’industrie numérique l'ont très bien compris. Le développement de l’économie de l’attention ces dernières années l’illustrent parfaitement. Comprendre comment capter celle-ci est LA clé des réussites numériques présentes et futures.
Cependant, l’objet de cet article n’est pas de nous alerter sur les fondamentaux utilisés par une entreprise pour capter l’attention d’un client en créant un environnement favorable optimisant son temps de consommation. Bienvenu dans une économie où tous les moyens sont bons pour retenir le plus longtemps possible ses utilisateurs !
Je préfère m’arrêter sur le prisme de la compétence comportementale : « savoir être attentif ». Je suis persuadé qu’en développant notre connaissance de nous-même, des autres (notamment sur la notion de comportement) tout en y associant notre sens de la responsabilité (individuelle ou collective), nous nous ouvrons à d’autres mécanismes sociétaux.
Avant l’avènement des smartphones, cette compétence était totalement ignorée - car sans objet. Aujourd’hui, « savoir être attentif » est devenue centrale dans notre société ultra connectée. 3,2 Milliards d’êtres humains sont utilisateurs de réseaux sociaux, 8 milliards de vidéos sont visionnées chaque jour sur Facebook, 293 milliards de mails quotidiens dont plus de 42 millions en France … Voilà quelques données chiffrées qui illustrent notre vie d’Homme connecté. Dans des systèmes complexes et incertains, il est primordial de savoir garder son attention. Dans un récent article du journal Le Point, le sociologue Dominique Boullier - professeur à Sciences Po - dit : « Nous sommes dans une situation de conflit cognitif, l’équilibre a été rompu en faveur de l’alerte systématique ». Nous en faisons tous l’expérience chaque jour : combien d’alertes reçues par jour (week-end compris) sur nos téléphones ? Entre les différentes messageries, réseaux sociaux, mails, la surabondance d’informations, … nous sommes continuellement à l’affût de la moindre vibration ! Et si on venait à rater LE « moment » de notre vie ! A croire que nous nous complaisons bêtement dans cette forme de harcèlement - toujours plus d’alertes, être sûr de tout capter, ne rien rater … et parallèlement à ce comportement addictif, notre niveau de stress et d’anxiété « moyen » continue de croitre …
Il est temps d’agir !
Apprenons à nous donner des limites - apprenons à savoir dire STOP aux sollicitations multiples - apprenons à ne plus être esclaves des alertes intempestives de nos écrans. Ok, mais comment ?
Même si les frontières entre vie privée et vie professionnelle sont poreuses, il est important de définir clairement un temps pour chacune. Et cette limite doit venir de nous-même car nous sommes acteurs de celle-ci. Il n’y a pas de solutions miracles ; chacun devant créer ses propres barrières.
S’entrainer à vivre sans écran / sans sollicitations sur des périodes courtes qu’il conviendra d’allonger si besoin. Il est inutile de le nier ou de se le cacher, les sollicitations sont tellement nombreuses que le moyen le plus efficace pour s’en défaire (partiellement je vous rassure !) est de les stopper. Une habitude à prendre pour retrouver la pleine possession de notre attention. Certains préconisent un arrêt brutal plus ou moins long, d’autres adoptent une sobriété numérique permettant de re-gagner des instants d’attention. A l’instar du Dry January - pourquoi ne pas tester le « No Connect » ?
Retrouver le plaisir de la contemplation : se poser devant un monument, un paysage, un lieu, de l’art … tout simplement stopper notre attention. Ce « travail » personnel est salvateur - il nous re-connecte avec nous même !
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